Archives par mot-clé : Idéalisation

Anne-Valérie Mazoyer, Marjorie Roques : fonctions idéalisante, sublimatoire et masochique des processus pervers

Nous avons choisi d’éclairer la problématique de la sexuation à l’adolescence à partir des processus pervers et plus particulièrement du masochisme. La mobilisation des processus pervers tentent de négocier des fantasmes de séduction, lesquels restent surchargés par des réalités traumatiques comme l’inceste et la mort. Nous nous proposons d’articuler perversion et sublimation versus idéalisation.

Adolescence, 2015, 33, 2, 439-448.

Bernard Bensidoun : du voyage d’ulysse à celui d’œdipe. à propos des rêves de jeunesse

Partant de deux rêves de jeunesse, ceux de H. Schliemann et ceux de S. Freud, l’auteur propose d’explorer leur nature, leur rôle dans le psychisme de l’adolescent, constatant leur lien avec des défaillances de l’objet ainsi que la valeur de l’illusion dans la période de l’adolescence.

Adolescence, 2015, 33, 1, 87-97.

Nathalie Zilkha : shame(s)

With reference to fundamental aspects of the adolescent process, the author explores the issue of the transformation of experiences of shame at this age, their disorganization and reorganization. She emphasizes the things that contribute to the often traumatic character of shame and its impact on the subject’s narcissism, especially passivation in the face of the genital and pre-genital drive emergences of puberty, and the modifying of identifications.

Nathalie Zilkha : honte(s)

 

S’appuyant sur des aspects fondamentaux du processus d’adolescence, l’auteur creuse la question de la transformation des éprouvés de honte à cet âge de la vie, leur désorganisation et leur réorganisation. L’accent est mis sur ce qui contribue au caractère souvent traumatique de la honte et son impact sur le narcissisme du sujet, notamment la passivation face à l’émergence pulsionnelle pubertaire, génitale et prégénitale, ainsi que le remaniement des identifications.

Guy Lavallé : l’espoir et l’idéal

L’idéalisation est appréhendée au sein des trois composantes de l’amour humain « excitation, idéalisation, tendresse ». Cette contextualisation permet de mieux comprendre les enjeux complexes et contradictoires de l’idéal.

L’espoir lui aussi est lié à l’amour. Descriptivement, l’espoir place dans le futur l’objet de l’amour et de la satisfaction primaire, perdu à jamais dans le passé. Dans le mouvement en avant, progrédient, il semble possible de le retrouver en un point de fuite qui s’éloigne sans cesse et ne sera jamais atteint.

Si on suit Freud, l’espoir c’est « l’espoir des retrouvailles hallucinatoires avec l’objet perdu de la satisfaction ». À partir de Freud, l’auteur propose une phénoménologie et une métapsychologie de l’Espoir, qui engage une théorie de l’hallucinatoire, le haussant au niveau d’un concept.

Un exemple clinique articule l’idéal et l’espoir : l’espoir naît de la diminution d’une idéalisation idolâtre. La disparition de l’espoir d’aimer et d’être aimé engage le désespoir et finalement la mort.

Adolescence, 2014, 32, 1, 151-164.

Rémy Potier : le “ cas gombrowicz ”. l’idéal de la “ jeunesse ” dans l’indifférence des sexes

Suivre le “ motif ” de la jeunesse dans l’œuvre de W. Gombrowicz, témoigne de la nostalgie spécifique du regard que porte l’adulte sur un temps pour lui révolu. L’idéalisation de l’adolescence prise chez l’auteur permet d’envisager le regard de l’adulte, en mettant à jour le décalage avec lequel il saisit cet événement. Loin de restituer les enjeux de l’archaïque génital dans l’épreuve qu’il constitue pour la sexuation, c’est dans l’indifférence des sexes que l’adolescence est saisie. Masculin et féminin y sont indifférents en tant que c’est une forme pure, la beauté comme éphémère, qui est revendiquée dans la nostalgie de l’adulte observateur de la jeunesse. Il sera alors question de suivre trois dimensions de ce regard comme caractérisant la dimension inconsciente à l’œuvre dans ce “ motif ”, l’idéal adolescent de pureté, la relation adolescente à l’excès et enfin, la question de l’évanescence dans sa relation au temps.

Claude Savinaud : Passion du symbolique

A partir du constat clinique que certaines pathologies narcissiques d’adolescence achoppent sur la réalisation d’un investissement libidinal du fait de l’amour-haine portée sur une figure paternelle grandiose et obscène, l’auteur développe l’idée d’un type d’investissement passionnel de la dimension symbolique dépassant le représentant imagoïque déchu au profit d’une parole identifiante, créatrice, qui vise un au-delà de l’objet. Cet investissement revêt les caractéristiques d’un ” état amoureux ” avec le dessaisissement du sujet et l’idéalisation de l’autre au-delà de toute satisfaction.

Odile Falque : ” L’annonce faite à Marie ” : Expérience mystique et processus d’adolescence

L’expérience mystique peut traverser le processus d’adolescence, éventuellement structurer ce remaniement en y apportant une issue temporaire ou définitive. Elle n’endigue pas les fonctionnements plus ou moins pathologiques mais y donne sens. La ” belle ” Violaine ressuscite l’enfant mort de sa sœur, la ” mauvaise ” Mara. La lépreuse y aborde son fantasme d’humiliation par celui de renaissance dans un processus d’idéalisation nécessaire pour gérer la violence pubertaire.

Claude Savinaud : Passion du symbolique.

A partir du constat clinique que certaines pathologies narcissiques d’adolescence achoppent sur la réalisation d’un investissement libidinal du fait de l’amour-haine portée sur la figure paternelle grandiose et obscène, l’auteur développe l’idée d’un type d’investissement passionnel de la dimension symbolique dépassant le représentant imagoïque déchu au profit d’une parole identifiante, créatrice, qui vise un au-delà de l’objet. Cet investissement revêt les caractéristiques d’un ” état amoureux ” avec le désaisissement du sujet et l’idéalisation de l’autre au-delà de toute satisfaction.

Philippe Gutton: Le trait, la trace, l’ écart

L’esthétique de la subjectivation adolescente est mise à l’épreuve par une mise en parallèle de ces deux ensembles. L’adolescent y devient l’oeuvre des processus d’adolescence, créée pour un grand Autre ayant le secret de la référence.

La procédure est inscrite dans l’élaboration de l’idéal du Je par les processus “adolescents”. Le mécanisme d’idéalisation de l’objet y semble fondamental. Le jugement de valeur esthétique renvoie à la dimension esthétique des idéaux. Il serait possible à partir de ces points de vue de réfléchir sur la conception du beau et du laid chez les adolescents ordinaires et pathologiques.