Colloques

Le colloque bi-annuel de la Revue Adolescence

Agressions, toujours sexuelles ?

samedi 13 novembre 2021
9 h-17 h à L’USIC
(salles Pupey Girard et Orgebin)
18 rue de Varenne 75007 Paris

À l’heure des hashtags « metoo », « metoogay »,
« metooinceste », les agressions seraient-elles toujours et encore
sexuelles ? À l’heure d’une forme de libération de la parole qui
souligne paradoxalement la difficulté à parler, à être entendu ou à
pouvoir consentir, y aurait-il d’autres agressions que sexuelles ?
S’agit-il d’un sexuel aux prises avec la destructivité et la déliaison
ou d’un sexuel esclave de sa dimension pulsionnelle brute
d’exigence coûte que coûte de satisfaction ?
En temps de Covid, l’expression de la souffrance psychique
bouscule les repères théoriques et nous invite à nous reposer la
question d’une origine toujours sexuelle des agressions.
L’augmentation saisissante des tentatives de suicide et des
troubles des conduites alimentaires chez les adolescent.e.s en
post-confinement ouvre la réflexion sur ce qui vient agresser, faire
obstacle, réactiver un traumatisme dans la situation actuelle de
pandémie. L’incertitude, la perte de contrôle, l’absence de
perspective, le renoncement à la vie amicale, amoureuse, sociale,
aux activités de loisirs, aux plaisirs des sorties au café, au cinéma
ou au stade, participe à une forme de violence et d’agression dont
les adolescent.e.s sont particulièrement victimes. Comment faire
face à l’agression pulsionnelle interne inhérente au processus
adolescent et comment consentir aux sacrifices liés au couvre-feu,
au confinement et autres mesures barrières sans crainte d’une
guerre à mener sur deux fronts, et donc difficilement gagnable ?
À considérer que toute agression est nécessairement sexuelle,
les psychanalystes d’adolescent.e.s courent le risque de se voir de
nouveau renvoyés à un pansexualisme recouvrant l’ensemble de
la compréhension psychique. Car que faire des auto-agressions
que sont le suicide, les automutilations et les troubles des
conduites alimentaires ? Ces attaques du corps sont-elles prises,
elles aussi, dans un réseau représentationnel inconscient et dans
les effets de l’après-coup typique de la sexualité humaine ?
Comment penser les excès de liaison induits par la collusion entre
l’agression sexuelle et la dessication entrainée par la déliaison
mortifère de l’agression ?
À partir de cette question provocatrice, nous souhaitons porter
notre attention sur les adolescent.e.s victimes et auteurs
d’agression. Quels dispositifs de soin et quels aménagements du
cadre thérapeutique face aux effets et aux conséquences des
agressions sexuelles ? Quelles modalités d’accueil face aux
agressions qui seraient au-delà ou en deçà de cette valence
sexuelle ?
Comité scientifique :
Isée Bernateau – Estelle Louët –
Manuella de Luca – Nicolas Rabain

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La pop culture dans la cure de l’adolescent

Le Samedi 27 mars 2021
EN LIGNE et PODCAST

L’art et la psychanalyse ont toujours été des cousins
germains, comme S. Freud l’a montré en entrelaçant
l’une et l’autre, laissant imaginer que la culture
soigne comme la psychanalyse enrichit le champ
représentationnel. La créativité suggère que pour se
sentir vivant, nous cherchons inlassablement ce qui
nous surprend et nous transforme, à savoir les objets
culturels. L’adolescence est un temps privilégié
d’investissement des objets culturels et des
mythologies renouvelées qui les véhiculent. Ces
objets émanent souvent de ce que l’on peut qualifier
de pop culture, une culture venant de la rue opposée
à la culture élitiste.
Le goût pour cette culture pop, y compris dans ses
dimensions très contemporaines, comme les
cultures numériques, interroge sur les personnages
devenus des interlocuteurs internes comme des
relais identificatoires pour nombre d’adolescents.
Séries, musique, cinéma, peinture, jeu vidéo, bande
dessinée, livre, manga, ou autre manifestation
spontanée, la pop culture ne se décline pas
seulement en fonction de son média, elle a modifié
la façon de vivre des adolescents d’aujourd’hui et
de leurs familles.
Sur le plan thérapeutique, comment ne pas entendre
l’importance des objets culturels ? Ils créent une
forme de médiation spontanée dans le lien entre le
clinicien et l’adolescent. Avec nos patients comme
dans notre relation au monde, le transfert à la culture
pose sans cesse de nouvelles questions voire de
nouveaux défis ; les adolescents en sont les porte-
paroles, nous enjoignant à une créativité clinique
partagée.

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Le Groupe : une médiation ?

CIRPPA, XVIIIe congrès de psychothérapies de groupes
Enfants, Adolescents, Adultes
Vannes les 11 et 12 Juin 2021

Classiquement les groupes thérapeutiques se distingueraient selon deux approches concernant :-soit des dispositifs de créationfavorisant le travail des productions et de leur capacité de transformation. Ils se fonderaient essentiellement sur les effets thérapeutiques d’une créativité, notamment autour d’objets de médiation, sans référence particulière aux transferts qui s’y produisent ni interprétation des processus à l’œuvre.-soit des dispositifs analysants, référés directement au champ de la psychothérapie psychanalytique car fondés sur la prise en compte de la dynamique transférentielle individuelle et groupale.Mais la réalité clinique et la dimension humaine, relationnelle, viennent brouiller ces différences, et ce sont ces cliniques, où s’entremêlent projet thérapeutique, objet médiateur, groupe, animateur/thérapeute et institution, que nous souhaiterons aborder dans ce congrès.Nous proposerons comme principe la mise en avant du groupe et de ce qui l’institue comme thérapeutique : l’effet de contenance, de méta-cadre, d’auto-organisation (chahuts, bouc émissaire, illusion groupale, re-différenciation…) et nous considérerons la médiation comme le moyen le plus simple pour que les patients puissent exprimer leurs difficultés.Nous préciserons alors :-Le groupe, espace à médiatiser, moment préalable à sa constitution. -Les processus psychiques groupaux et individuels dans le groupe constitué et devenu espace de médiation.-Les médiateurs qui aident à la métaphorisation et à la représentation et qui sont essentiellement et indissociablement :*Le groupe et son cadre dispositif qui contiennent une contrainte à la symbolisation.*Le thérapeute qui prête son appareil psychique pour transformer psychiquement les impensésagissant dans le groupe et auxquels il participeémotionnellement.*Les médiations qui permettent la mise en forme et en sens de tous les élémentsimpliqués.L’expérience des groupes à médiation montre l’existence des phénomènes groupaux et de leur potentialité thérapeutique; il s’agit donc de concevoir ce dispositif plus avant. Notre recherche veut préciser les différentes fonctions de l’objet médiateur, celles, conjointes, de l’objet-groupe, leurs intrications, dans la dynamique des liens entre les différents protagonistes d’une aventure groupale.Au cours de ce congrès nous nous appuierons donc à la fois sur la clinique de groupes dits «à médiation» et de groupes «d’associations libres»

Plus d’informations sur www.cirppa.org

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Revue trimestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines