Argumentaires des numéros à paraître

 la Revue est semestrielle

Les auteurs souhaitant proposer un article pour le prochain numéro à pourvoir doivent le faire parvenir selon les modalités des recommandations aux auteurs.

Année 2022

Agressions, toujours sexuelles ? à paraître le 15 mars 2022date limite de réception des articles 15 septembre 2021 

En réseau à paraître le 15 septembre 2022, date limite de réception des articles 15 février 2022

Argumentaire du numéro : Agressions, toujours sexuelles ?
À paraître mi-mars 2022, T.40 n°1

À l’heure des hashtags « metoo », « metoogay », « metooinceste », les agressions seraient-elles toujours et encore sexuelles ? À l’heure d’une forme de libération de la parole qui souligne paradoxalement la difficulté à parler, à être entendu ou à pouvoir consentir, y aurait-il d’autres agressions que sexuelles ? S’agit-il d’un sexuel aux prises avec la destructivité et la déliaison ou d’un sexuel esclave de sa dimension pulsionnelle brute d’exigence coûte que coûte de satisfaction ?

En temps de Covid, l’expression de la souffrance psychique bouscule les repères théoriques et nous invite à nous reposer la question d’une origine toujours sexuelle des agressions. L’augmentation saisissante des tentatives de suicide et des troubles des conduites alimentaires chez les adolescent.e.s en post-confinement ouvre la réflexion sur ce qui vient agresser, faire obstacle, réactiver un traumatisme dans la situation actuelle de pandémie. L’incertitude, la perte de contrôle, l’absence de perspective, le renoncement à la vie amicale, amoureuse, sociale, aux activités de loisirs, aux plaisirs des sorties au café, au cinéma ou au stade, participe à une forme de violence et d’agression dont les adolescent.e.s sont particulièrement victimes. Comment faire face à l’agression pulsionnelle interne inhérente au processus adolescent et comment consentir aux sacrifices liés au couvre-feu, au confinement et autres mesures barrières sans crainte d’une guerre à mener sur deux fronts, et donc difficilement gagnable ?

À considérer que toute agression est nécessairement sexuelle, les psychanalystes d’adolescent.e.s courent le risque de se voir de nouveau renvoyés à un pansexualisme recouvrant l’ensemble de la compréhension psychique. Car que faire des auto-agressions que sont le suicide, les automutilations et les troubles des conduites alimentaires ? Ces attaques du corps sont-elles prises, elles aussi, dans un réseau représentationnel inconscient et dans les effets de l’après-coup typique de la sexualité humaine ? Comment penser les excès de liaison induits par la collusion entre l’agression sexuelleet la dessication entrainée par la déliaison mortifère de l’agression ?

À partir de cette question provocatrice, nous souhaitons porter notre attention sur les adolescent.e.s victimes et auteurs d’agression. Quels dispositifs de soin et quels aménagements du cadre thérapeutique face aux effets et aux conséquences des agressions sexuelles ? Quelles modalités d’accueil face aux agressions qui seraient au-delà ou en deçà de cette valence sexuelle ?

 

Année 2021

Les incasablesà paraître le 15 septembre 2021, numéro clos 

Argumentaire : Les incasables

– Incasables parce qu’il n’y a plus assez de places à temps plein en institution ou plus assez de lits en intra-hospitalier ;
 Incasables parce que leur profil psychopathologique est redouté par les soignants mis à trop rude épreuve, en sous-effectif et insuffisamment préparés ;
– Incasables parce qu’ils ne relèvent pas des indications les plus répandues : mineurs isolés étrangers, mineures prostituées, adolescents radicalisés, ou encore mineur.e.s transgenres à la rue ;
– Incasables parce qu’ils débordent les capacités de contenance des équipes éducatives et celles des équipes du soin psychique, et se retrouvent dans «toutes les cases » ;
– Incasables parce que tout sera mis en œuvre par le patient et sa famille pour saborder la possibilité d’un changement. Comme s’il s’agissait là de résister à tout remaniement des liens intrafamiliaux ainsi qu’à tout réagencement intrapsychique.

Comment orienter de nos jours ces adolescents en crise vers un établissement sur mesure, quand l’explosion des demandes et les délais d’attente se font de plus en plus longs ?
Comment aboutir, dans les situations cliniques les plus inextricables, à un engagement dans les soins du côté des adolescents et de leurs parents ? Si tout clinicien est régulièrement confronté à l’épineux travail d’orientation vers une institution adaptée, les difficultés sont pour lui décuplées face aux adolescents dits « incasables ».
Quasi systématiquement, ces situations dramatiques sont liées à une situation sociale limite. Trop souvent, ils peinent à investir un lieu, aussi judicieuse soit l’indication, aussi minutieux soit le travail d’orientation auprès du patient, de sa famille, de nos collègues et des institutions qui auront la mission de les accueillir, de les accompagner et de leur prodiguer des soins.
Entre prises en charge sociales et pédopsychiatriques, comment parvenir à mobiliser ces adolescents quand il s’agit moins d’accueillir une parole que de créer les conditions de possibilités de son advenue ? Quels soins aujourd’hui pour les adolescents incasables sans les circonscrire à une « case » qu’ils feront tôt ou tard voler en éclats ? Comment éviter les écueils de la psychiatrisation des troubles et des réponses de plus en plus sécuritaires face aux passages à l’acte ?
Par ailleurs, qu’est-ce qui demeure « incassable » chez eux ? Un lien à la mère qu’aucune instance tierce n’est jusqu’alors parvenue à remettre en question ? Autrement dit, une mise en péril du processus de subjectivation parle refus de tout investissement substitutif ?

Revue trimestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines