Argumentaires des numéros à paraître

 la Revue est semestrielle

Les auteurs souhaitant proposer un article pour le prochain numéro à pourvoir doivent le faire parvenir selon les modalités des recommandations aux auteurs.

Année 2021

Sauver la planète, à paraître le 15 mars 2021, réception des articles terminée

Les incasablesà paraître le 15 septembre 2021, date limite de réception des articles 15 février 2021

Argumentaire : Les incasables

– Incasables parce qu’il n’y a plus assez de places à temps plein en institution ou plus assez de lits en intra-hospitalier ;
 Incasables parce que leur profil psychopathologique est redouté par les soignants mis à trop rude épreuve, en sous-effectif et insuffisamment préparés ;
– Incasables parce qu’ils ne relèvent pas des indications les plus répandues : mineurs isolés étrangers, mineures prostituées, adolescents radicalisés, ou encore mineur.e.s transgenres à la rue ;
– Incasables parce qu’ils débordent les capacités de contenance des équipes éducatives et celles des équipes du soin psychique, et se retrouvent dans «toutes les cases » ;
– Incasables parce que tout sera mis en œuvre par le patient et sa famille pour saborder la possibilité d’un changement. Comme s’il s’agissait là de résister à tout remaniement des liens intrafamiliaux ainsi qu’à tout réagencement intrapsychique.

Comment orienter de nos jours ces adolescents en crise vers un établissement sur mesure, quand l’explosion des demandes et les délais d’attente se font de plus en plus longs ?
Comment aboutir, dans les situations cliniques les plus inextricables, à un engagement dans les soins du côté des adolescents et de leurs parents ? Si tout clinicien est régulièrement confronté à l’épineux travail d’orientation vers une institution adaptée, les difficultés sont pour lui décuplées face aux adolescents dits « incasables ».
Quasi systématiquement, ces situations dramatiques sont liées à une situation sociale limite. Trop souvent, ils peinent à investir un lieu, aussi judicieuse soit l’indication, aussi minutieux soit le travail d’orientation auprès du patient, de sa famille, de nos collègues et des institutions qui auront la mission de les accueillir, de les accompagner et de leur prodiguer des soins.
Entre prises en charge sociales et pédopsychiatriques, comment parvenir à mobiliser ces adolescents quand il s’agit moins d’accueillir une parole que de créer les conditions de possibilités de son advenue ? Quels soins aujourd’hui pour les adolescents incasables sans les circonscrire à une « case » qu’ils feront tôt ou tard voler en éclats ? Comment éviter les écueils de la psychiatrisation des troubles et des réponses de plus en plus sécuritaires face aux passages à l’acte ?
Par ailleurs, qu’est-ce qui demeure « incassable » chez eux ? Un lien à la mère qu’aucune instance tierce n’est jusqu’alors parvenue à remettre en question ? Autrement dit, une mise en péril du processus de subjectivation parle refus de tout investissement substitutif ?

Revue trimestrielle de psychanalyse, psychopathologie et sciences humaines