Archives par mot-clé : Rencontre

Hindi Hafhouf-Lacôte, Julia Neyroud : dispositif « triple résonance » : accueillir le trauma

À partir d’une clinique auprès d’adolescents en Maison d’Enfants à Caractère Social (MECS) qui confronte à la non-demande en même temps qu’à une modalité de lien aux prises avec la séduction narcissique, l’incestuel et la toute-puissance, nous interrogeons les modalités du dispositif qui permettraient d’engager un processus thérapeutique. À cet effet, nous proposons de définir le dispositif « en triple résonance » et d’illustrer, à partir de la situation d’un adolescent de quinze ans, ses potentiels effets et leviers.

Adolescence, 2023, 41, 2, 477-487.

Vincent Cornalba, Jacques Dayan : bivalence de la sensorialité

Le recours au sensoriel relèverait d’une bivalence, à partir d’effets de liaison et de déliaison. L’idée de trans-figuration se prête à la représentation d’un jeu en figurations dont l’autre est le partenaire incontournable. L’insistance avec laquelle le corps s’inviterait dans le pubertaire ne serait pas, à tout coup, interprétable en sa condition d’accroc. Il pourrait également se mesurer en sa qualité d’accroche, et apparaître dans son rôle d’opérateur au sein même du processus de subjectivation.

Adolescence, 2014, 32, 4, 687-693.

Marie-José Del Volgo et Roland Gori : l’éclosion d’une passion homosexuelle et l’échec de son refoulement

Monsieur V. est hospitalisé en psychiatrie et nous l’avons rencontré dans le cadre d’une consultation ouverte dans le service pour accueillir les plaintes corporelles quel qu’en soit le diagnostic. L’événement bouleversant de la vie de Monsieur V., dont le prénom signifie Lavie en français, se déduit de la dévitalisation de dents saines opérée par un dentiste. Dans l’après-coup de cet événement bouleversant, une rencontre fatale avec un homme l’année même où Monsieur V. accède à la paternité d’un fils, ses dires nous mettent sur la voie de ce qui a pu provoquer le conflit psychique et faire échec au refoulement d’une homosexualité irreprésentable pour le sujet tout autant qu’impossible à assumer. Sa passion homosexuelle, méconnue et refoulée, l’a conduit à une déchéance physique et psychique et à des plaintes sinistrosiques constituant un point d’impasse dans une vie sans problèmes jusque-là. Dans la mise en scène de sa parole, ces événements de la rencontre prennent un sens tel qu’ils viennent, en quelque sorte, lui donner de ses nouvelles quant à l’homosexualité évoquée par des paroles paternelles et l’échec de son refoulement.

Vincent Cornalba : le moment et la désirance

Le registre du moment pose directement la question de la désirance et de son influence dans le processus de subjectivation. À partir de la problématique de la rencontre chez le libertin, l’auteur propose une mise en exposition des enjeux de la relation à l’entrée du génital. Le registre de la défaite consentie instituerait la création d’un soi amoureux masochique sur lequel s’appuierait, en partie, l’évolution subjectale. Le moment – par l’effet de dessaisissement qu’il introduit dans la rencontre, mais également par cet effet de mise en perspective qu’il suscite – potentialiserait cette opération déterminante pour le sujet génital.

Richard François : la rencontre avec l’adolescent en cure d’adulte dans la clinique psychanalytique contemporaine

Dans cet article les nouvelles formes de contradiction-conflits résultant des changements relatifs à la perception des limites que rencontrent de nos jours les psychanalystes dans leur pratique, sont envisagées du point de vue des notions de travail du négatif et de subjectivation, à partir de cas cliniques présentant à la fois des fonctionnements névrotiques et cas-limites. L’accent est mis sur l’importance de la rencontre avec l’adolescent dans l’adulte, ainsi que sur la nécessité d’analyser après-coup dans les cures d’adultes, la mise en place lors de l’adolescence de systèmes défensifs spécifiques empêchant l’accès aux détresses infantiles primitives. L’hypothèse d’un trouble précoce de l’identification primaire aux fondements de ces fonctionnements amène à souligner l’importance de la reconnaissance par l’analyste de ses propres résistances à son implication subjective dans la rencontre analytique et, à partir de là, à envisager les modalités de l’interprétation et du dispositif. La présentation d’un cas de “ psychanalyse de face à face ” tend à montrer que les nécessaires aménagements de la technique, ainsi qu’un rapport bien problématisé à la théorie, rendent possible un vrai travail psychanalytique avec les patients souffrant de fonctionnements limites.

Vincent Cornalba : vivre avec

L’auteur envisage la figure de l’ami dans son rôle d’attracteur vis-à-vis du registre de la dépression à l’adolescence. À la fois pris dans une perte d’objets et dans la perte d’un état, qu’il lui faut à présent subjectiver, l’adolescent trouverait en la personne de l’ami cet acteur – à la fois agent facilitateur, sujet d’expérience et support projectif et/ou d’identification – susceptible de le soutenir efficacement dans ce travail qui concerne, d’une manière essentielle, le registre de la rencontre.

 

François Richard : discussion 1

L’auteur dégage les axes originaux de la présentation clinique de Kari Hauge : la combinaison d’une technique d’aménagement de la régression de la jeune adolescente comme dans une cure d’enfant, avec une technique de la rencontre basée sur la spécificité de la dimension adolescente – la formulation d’interprétations portant à la fois sur les contenus inconscients et la relation actuelle entre la patiente et l’analyste. Cette pratique permet une élaboration des complexes œdipiens infantiles réactualisés par l’adolescence tout en facilitant une reprise des processus de subjectivation, une fois les besoins de dépendance reconnus.

Adolescence, 2009, T. 27, n°1, pp. 29-40.

Nancy Pionnié-Dax, Hélène Lida-Pulik, Franck Enjolras, Solène Martin, Gaëlle Paupe, Valérie Discour : anthropologie et clinique. réflexion à partir de deux dispositifs

Les MDA des deux départements du 78 et du 92 prennent pied dans un maillage partenarial pré-existant. Elles soutiennent ou organisent un dispositif de réseau en même temps qu’elles favorisent l’accès à des consultations de première ou deuxième ligne pour des adolescents ou leurs familles. Elles apportent des réponses plurielles et favorisent l’articulation, la collaboration entre les professionnels des différents champs de prise en charge, en proposant notamment des lieux d’échange et de formation. Pour autant, ces dispositifs portent aussi en eux-mêmes certains paradoxes. Cet article propose, à partir d’une analyse des dispositifs CASA et MDA, une réflexion transversale sur ce type de structures et sur la dynamique de la rencontre avec l’adolescent. Une rencontre qui recrée un espace potentiel où puissent se préfigurer des dispositifs articulés les uns aux autres. Une rencontre qui soit bien réelle et qui soutienne les processus identitaires et identificatoires des jeunes pris en charge.

Adolescence, 2012, T. 30, n°2, pp. 325-336.