Archives par mot-clé : Dépendance

Gérard Pirlot : l’emprise addictive

Le corps « sous emprise » est dans les addictions, objet contraint ; l’emprise est ici dans son « emprisonnement ». Ce que fuit l’addict, en particulier l’adolescent, est la dépendance affective et la resexualisation, à la puberté, de ses liens et ses transferts œdipiens alors qu’en deçà, ce comportement signe l’emprise d’une dépendance, celle à un Surmoi prégénital et préœdipien faisant régner un fréquent sentiment inconscient de culpabilité.

Adolescence, 2024, 42, 1, 141-152.

Retour aux sources

Le souci écologique des adolescents d’aujourd’hui est éclairé par la réflexion contemporaine philosophique et sociologique sur la dépendance de l’homme à l’environnement. Si elle est déniée par la modernité, elle est soulignée par la psychanalyse. Il se comprend aussi sur un plan intra-psychique au travers de la dette envers les ascendants, et de la culpabilité afférente. L’engagement dans la cause écologique pourrait leur permettre de renouer les liens interrompus, en un véritable « retour aux sources ».

Adolescence, 2021, 39, 1, 95-109.

Frédérik Guinard : clinique des adolescents en souffrance de latence

La clinique adolescente attire notre attention sur la raréfaction des mouvements d’exploration de son environnement et de sa vie psychique chez certains sujets inhibés ou ne tolérant pas la frustration. L’intérêt porté aux latences « en souffrance » renouvelle la compréhension de cette période du développement psychosexuel humain qui a longtemps été perçue/conçue comme « silencieuse » et d’envisager les leviers possibles de relance des processus transitionnels associés au travail de latence.

Adolescence, 2020, 38, 1, 51-68.

Marta Rezende Cardoso : Dépendance, refus de la différence

La dépendance psychique pendant l’adolescence est ici traitée sous deux angles : la relation Moi/autre et la polarité intériorité/extériorité. Dans ce passage de l’enfance à l’âge adulte, l’expérience de séparation de l’objet est le versant central de la question de la dépendance, particulièrement dans les addictions. Nous voulons montrer le caractère paradoxal du processus de séparation à l’adolescence, son noyau primaire et œdipien dans l’imbrication desquels se situe le fondement de ses impasses.

Adolescence, 2017, 35, 2, 303-314.

Brigitte Manganelli : psychothérapie de groupe et dépendance

La dépendance s’inscrit dans le processus adolescent en lien avec la réactivation pulsionnelle et les remaniements qu’elle impose. Le groupe psychothérapique est aussi l’espace où la dépendance se rejoue dans les transferts sur le cadre et le thérapeute. La régression qui questionne les limites du sujet résonne avec les premières expériences identificatoires. Cependant les processus groupaux viennent relancer la conflictualité pour accompagner la différenciation et la construction identitaire.

Adolescence, 2016, 34, 1, 27-38.

LIPPE D. : Juliette of the quest for a bladly indentified object 

Developing at long lenght the case of a young bulimic patient around mutative periods of the transference relationship and of the fruitful drawbacks of a lateral transference within the cure, I try to stress the particular and specific characteristics of her objet relation. I suggest that one should interpret the addiction to food as being the problematics of flaws in archaïc identitification processes linked to the fact that the primary cathexis were “ to identify badly ” or were “ badly identified ”. The object could thus not be intrejected but only incorporated. Hence an endless quest (addiction) not so much of the object itself but, rather, an attempt to identify “ that very ” object in order to identify oneself to it and thus be able to avoid being alienated by it.

Colette Lhomme-Rigaud : cryptes en boulimie : à la recherche du lien perdu

À travers le cas d’une patiente boulimique, l’auteur se donne pour objectif de repérer la présence de cryptes, tant dans la lignée maternelle que paternelle. Le recours à un objet externe fétichisé était nécessaire afin d’empêcher la dérive narcissique : déjà ébauchée dans les stades infantiles précoces, elle était, en effet, provoquée par la médiocrité de la constitution du lien objectal.

Stefano Bolognini : le bar dans le désert, symétrie et asymétrie dans le traitement d’adolescents difficiles

L’auteur considère que les moments alternés spécifiques de la relation symétrique-asymétrique facilitent le travail analytique et permettent des interprétations avec un analysant qui d’habitude a peur de la dépendance, qui est hostile envers les représentants du surmoi, et qui a besoin d’une contenance non-déclarée et d’une contribution à la cohérence du soi, comme le patient adolescent.

Le récit clinique illustre cette manière spécifique de travailler, très différente de celle adoptée dans l’analyse des patients adultes.

Par exemple, l’analyste doit pouvoir renoncer provisoirement, parfois pendant longtemps, à des interprétations trop brillantes et trop fréquentes qui pourraient souligner la supériorité de l’adulte, difficilement tolérée par l’adolescent.

Didier Lippe: Juliette ou l’ en-quête d’ un objet mal identifié

En développant largement le cas d’une jeune patiente boulimique autour de moments mutatifs de la relation transférentielle et des aléas fructueux d’un transfert latéral dans sa cure, j’essaie de mettre en évidence les aspects particuliers et spécifiques de sa relation d’objet Je propose de voir dans la problématique d’addiction et de dépendance à l’objet alimentaire des failles dans les processus précoces d’identification liées au fait que l’objet originel d’investissement serait « mal identifié » ou se serait « mal fait identifier ». L’objet ne pourrait alors être introjecté mais seulement incorporé. I1 en résulterait la quête sans fin (dépendance), non pas tant de l’objet lui-même, que d’une tentative d’identification « de » cet objet pour s’y identifier et s’en désaliéner.

 

Adolescence, 1997, T. 15 n°2, pp. 307-323

Marc Valleur, Éric Jerôme: conduites ordaliques et addiction

La notion de conduites ordaliques, pont entre diverses disciplines en sciences humaines, s’inscrit à l’origine en continuité d’une approche descriptive, clinique, phénoménologique de la toxicomanie.

Non modèle explicatif, mais angle d’éclairage, elle peut s’appliquer à diverses formes de conduites de risque chez les adolescents. Un modèle des addictions (au sens large, actuel, et nord-américain), peut par contre être esquissé en tenant compte de l’opposition entre deux versants de ces conduites : d’une part, la dépendance, perte de sens, voire désubjectivation, de l’autre, la conduite ordalique, quête ultime de sens dans la proximité du risque de mort, comme la transgression peut être recherche de limite.

Adolescence, 1997, T. 15 n°2, pp. 307-323