Archives par mot-clé : Désobjectalisation

Stéphanie Barouh-Cohen : le corps de l’indicible

Le processus d’adolescence engage des remaniements identitaires et identificatoires qui nécessitent un travail de psychisation indispensable pour assurer un sentiment de continuité. Son achoppement fait courir au sujet le risque de la domination par la « fonction désobjectalisante » de son économie psychique, obturant par là même toute forme de créativité et d’expression du vivant. Le travail de l’analyse pourrait alors emprunter la voie de la sensorialité à partir du déplacement dans le transfert des impressions sensorielles non assimilées, au plus près du « corps de l’indicible », entre impasse et créativité.

Adolescence, 2014, 32, 4, 787-796.

Philippe Givre : l’autosabotage : mode d’être adolescent

Au-delà d’une simple conduite psychopathologique, l’autosabotage, dans l’acceptation que lui donne Jeammet, reflète le maintien d’une situation de dépendance et traduit un échec des processus psychiques internes à aménager la relation. Ainsi, via ce langage comportemental ou néo-langage, l’adolescent cherche à créer une néo-identité capable de compenser le déficit des processus d’intériorisation et du même coup à juguler la présence de failles narcissiques que les processus adolescents auront mis à jour par la quête de sensations.

 

L’autosadisme sous-jacent à l’autosabotage repose, de fait, sur une sorte « d’auto-érotisme compensateur » qui est aussi un auto-érotisme pétrifié ou perverti pour devenir comme dans les addictions, purement machinal et autodestructeur en favorisant notamment la désobjectalisation de ces conduites qui vont alors s’ériger en mode d’être ; un mode d’être qui instaure le goût de la déréliction en lieu et place de la dynamique désirante.