Archives par mot-clé : Identité

Claudine Veuillet-Combier : De l’adoption internationale

L’adolescence dans le cadre de l’adoption internationale met à l’épreuve le lien de filiation et génère un conflit identificatoire. Les enjeux mobilisés sont, pour une part, identiques à ceux rencontrés par tous les adolescents et, pour une autre part, plus complexes. La question du délaissement comme celle du déracinement rendent effectivement nécessaire une greffe à la fois généalogique et socio-culturelle.

Adolescence, 2016, 34, 4, 807-815.

Jacques Dayan : Le roman familial de l’adolescent adopté

À travers le concept de roman familial, nous avons tenté d’approcher le travail de réécriture de la mémoire et de la conciliation des affects, particuliers à l’adolescent adopté, avec ou sans pathologie, qui permet de cheminer vers une identité cohérente. Ce concept permet d’illustrer comment la situation d’adoption vient donner une coloration particulière, sans en changer la nature, à l’ensemble du processus adolescent.

Adolescence, 2016, 34, 4, 695-703.

Johann Jung : un paradoxe de la réflexivité : penser sa propre mort

La réorganisation psychique impliquée par la puberté fait de la réflexivité un axe majeur de l’adolescence qui éclaire autrement la problématique de la subjectivation. Dans ce contexte, la mise en scène de sa propre mort permet paradoxalement de rétablir une forme de réflexivité subjectivante à même de relancer les processus d’appropriation de soi. Ce travail s’étaye sur l’investissement d’un objet-double capable de soutenir la réflexivité en souffrance.

Adolescence, 2015, 33, 4, 859-869.

Anna Victoi : l’extrême féminité – orphée et le théâtre magique

L’article expose un des objets d’étude de l’auteur : le processus homosexuel du développement psychique.

Un tel processus englobe le double de soi, les homosexualités primaire et préœdipienne ainsi que la construction du fantasme “ la relation féminine avec le père ” à l’adolescence (l’homosexualité œdipienne). Un exemple clinique (l’extrême féminité d’un adolescent de quinze ans) illustre la réflexion sur la construction et la continuité du processus homosexuel.

David Le Breton : la profondeur de la peau

 

La peau, pour le meilleur ou pour le pire, est un instrument de fabrique de l’identité, de manière ludique à travers tatouages ou piercings, ou de manière plus douloureuse à travers les scarifications. Par le sacrifice d’une parcelle de soi dans la douleur, le sang, l’individu s’efforce de sauver l’essentiel. En s’infligeant une douleur contrôlée, il lutte contre une souffrance infiniment plus lourde. Sauver la forêt implique d’en sacrifier une partie. De même pour continuer à vivre il faut parfois se faire mal afin de lutter contre la détresse.

Anne Tassel : rue du tag

En exhibant sa trace locomotrice, le tagueur s’invente une ville où se profilent ses fantasmes identitaires grâce auxquels il espère intégrer sa relation aux autres en se faisant l’objet de sa propre pratique. La rue ne se distribue plus alors en “ territoires ” mais en moments d’histoire, en temps en morceaux, permettant à des singularités à l’essai de dériver vers ce qui fait appel du dehors. Non pas production d’œuvres mais de ce qui œuvre en elle, la rue taguée sécrète les excès et les incertitudes de l’adolescence en insérant dans une actualité les figures d’une pulsion qui d’archaïsante peut se sublimer.

 

Marie-Hélène Garceau-Brodeur, Mylène Fernet, Joseph Josy Lévy, Lyne Massie, Guylaine Morin, Joanne Otis, Johanne Samson, Normand Lapointe, Jocelyne Thériault, Germain Trottier : à propos du VIH/sida à l’adolescence

 

Suite à l’épidémie du VIH/sida, des enfants se sont retrouvés infectés, en particulier par transmission du virus de la mère à l’enfant, mais, grâce aux progrès des traitements antirétroviraux, plusieurs de ces jeunes sont aujourd’hui des pré-adolescents et des adolescents. Une étude exploratoire auprès de neuf adolescents Montréalais vivant avec le VIH/sida permet de dégager les problèmes particuliers qu’ils rencontrent : répercussions entourant l’annonce du diagnostic d’infection, préoccupations touchant le dévoilement à l’entourage, en particulier le groupe des pairs, craintes liées à l’établissement des relations intimes ou aux projets de parentalité ainsi qu’à l’exercice de la sexualité et la prévention. Cette étude exploratoire met en évidence certains des enjeux auxquels ils sont confrontés dans leur développement psychosexuel.

David Le Breton : la scène adolescente : les signes d’identité

La culture des pairs supplante aujourd’hui celle des pères, la transmission s’efface devant l’imitation. Il faut dès lors être à la hauteur du regard des autres, ceux de sa classe d’âge, même s’il faut pour cela se battre avec ses parents. L’une des terreurs des cours de récréation des collèges ou des lycées est de passer pour un « bouffon » en n’ayant pas l’assentiment du groupe, par une reculade devant un défi ou le fait de ne pas arborer la bonne « marque » de vêtements ou de chaussures. L’estime de soi ne vient plus de l’adhésion à des valeurs unanimes structurant le lien social, elle ne s’alimente plus dans le miroir des aînés ou des ancêtres mais dans celui des pairs. La nécessité de représentation se rencontre chez les garçons et les filles mais sous des formes différentes.